суббота, 26 октября 2013 г.

ვიქტორ ჰიუგო და მისი საუკუნის დიდი ბრძოლები

  http://biographiedevictorhugo-victorhugo.blogspot.fr/2009/05/victor-hugo-et-les-grands-combats-de.html

 

  ვიქტორ ჰიუგო და მისი საუკუნის დიდი ბრძოლები-მისი პოლიტიკური პოზიცია:


        ვიქტორ ჰიუგო დარწმუნებულია რომ თავისუფლება შეუძლებელია სოციალური რეფორმების გარეშე და რომ მთავარია სიღატაკის მოსპობა.

Victor Hugo et les grands combats de son siècle - Sa position politique

Sa position politique
I - Sa position politique face aux miséreux



Victor Hugo est convaincu que la liberté est impossible sans réformes sociales dont la priorité doit être l'abolition de la misère . " Incliné sur le pauvre et le travailleur, je suis leur fraternel du fond de ma pensée." C'est un écrivain très engagé dans les combats de son temps. Il lutte aussi contre le travail des enfants. En 1871, les insurgés parisiens proclament la Commune de Paris. Victor Hugo devient député. "Je suis haï. Pourquoi ? Parce que je défends les faibles, les vaincus, les petits, les enfants."


II - Sa position politique face à la liberté


La toile de fond des combats de Victor Hugo est tissée d’une profonde aspiration à la liberté sous toutes ses formes. Les appels d’Hugo en faveur de la paix, son rêve d’une Europe unifiée, découlent de son combat pour le respect des droits de l’homme. " La liberté doit pénétrer partout. " En 1876, il devient sénateur. Cette fonction lui permet de discourir sur la peine de mort, qu'il considère comme un acte de barbarie, ou sur l'injustice. Pour lui, " Ceux qui vivent sont ceux qui luttent ".


III - Un grand homme politique

Victor Hugo reste indéniablement un grand homme politique. Pendant ses 19 années d'exil à Jersey puis à Guernesey, il n'a de cesse de dénoncer le second Empire de Napoléon III qu'il baptise dans un livre Napoléon le petit (1853) et à qui il promet les Châtiments (1853). Il est élu député en 1871 et ne cache pas sa sympathie pour les partis de gauche de la IIIème République , il se bat jusqu'à la fin pour l'amnistie. Il meurt le 22 mai 1885 à Paris, où il a droit à des funérailles nationales. Il repose aujourd'hui au Panthéon, près des grands hommes.

 

 viqtor hiugo vandalebis winaaRmdeg !!!


« unda gavaCeroT qveynis saxis damasaxiCrebeli uro. erTi kanoni iqneba sakmarisi, miviRoT is... vandalizmi yvavis da ifurCqneba Cvens Tvalwin » (viqtor hiugo).

Ee
   viqtor hiugo uyvarT imis gamoc rom is pasuxismgeblobas grZnobda safrangeTis momavalze !
« omi damangrevlebs ! » « Tu ki yvelaferi ise gagrZeldeba rogorc exla xdeba male safrangeTSi aRar darCeba erovnuli Zegli tailoris carciTa da S.nodies kalmiT Sesrulebuli madliT, fantaziiTa da poeziiT savse Canaxatebis garda... »

    Ddadga dro rodesac aRaravisa aqvs gaCumebis ufleba. sayovelTao yvirilma unda miuTiTos axal safrangeTs rom man unda uSvelos Zvel safrangeTs.

    Yyvelanairi wabilwva, rRveva da ngreva emuqreba dRemde moRweul arc ise bevr SesaniSnav Zegls rac dagvrCa Sua saukuneebidan, imaT romlebSic aRbeWdilia Zveli erovnuli dideba, romlebsac ukavSirdeba rogorc mefeTa xsovna ise xalxis tradicia. A
  maSin rodesac ar vici ra fasad vagebT raRac batard (quCis qarTuliT,bodiSi, nabiWvar,mTargmneli) Senobebs romlebsac aqvT safrangeTSi berZnul Tu romaul Senobebad yofnis sasacilo pretenzia da sinamdvileSi arc rimaulebia da arc berZnulebi,sxva brwyinvale Senobebi ingreva ise rom Tavs arc ki viwuxebT amis danaxviT.
   Aara da am dangreul SenobaTa erTaderTi nakli isaa rom isini warmoSobiT, istoriiT da mizniT frangulebia.

  bluaSi Statebis cixe-sasaxle yazarmadaa gadaqceuli da ekaterine de mediCis mSvenieri rvakuTxa koSki damarxulia kavaleriis binis xaraCoebs qveS.
   orleanSi gaqra bolo naSTi kedlisa romelic daicva Jana darkma.
  Cven kargad viciT Tu ra uqnes parizSi vansenis Zvel koSkebs romlebic esoden mSvenier kompanias uwevdnen donJons.
   Aam dros uros raxuniT daangries esoden eleganturi da Semkuli sorbonas monasteri.
  Odedaqalaqis damamSvenebeli ori koSki moangries sen-Jermen-de-pres eklesias romlidanac anri IV tkbeboda parizis sanaxaobiT... Semdeg restavratorebma Zveli kapitelebi Secvales patara ugemovno bonbonebiT...
  Aaseve Seuracxyves otanis kaTedrali.

  lionTan axlos daangries cixe-sasaxle arbresli... raRac koSkebs iyeneben cixed...

   unda iTqvas da iTqvas xmamaRla. Zveli safrangeTis es ngreva romelic Cven mravaljer davgmeT restavraciis dros grZeldeba jer arnaxuli gaafTrebiTa da barbarosobiT. ivlisis revoluciis Semdeg demokratiasTan erTad yvelafers gadaaWarba raRac umecrebam da raRac uxeSobam... »
***************************************
    viqtor hiugom 1834 wels gamoaqveyna ori pamfleti « omi damangrevlebs ».

  pirveli werili safrangeTSi istoriis da kulturis Zeglebis ngrevis Sesaxeb 22 wlis viqtor hiugom dawera 1825 wels mis megobar Sarl nodiesTan erTad mogzaurobidan dabrunebis Semdeg...
  maSin romantikosTa liderad miCneuli nodie didad uwyobda xels romantiul mogzaurobebs Zvel safrangeTSi.

   Eenergiuli baroni tailoris xelmZRvanelobiT gamoica didebulad dasuraTebuli wigni romlis mizanic iyo safrangeTis provinciaTa istoriul-
-kulturuli memkvidreobis reabilitacia. 1820 wlidan 1878 wlamde gaWimulma am gamocemam mTavari roli Seasrula brZolaSi vandalizmis winaaRmdeg da man xeli Seuwyo xuroTmoZRvrebisa da peizaJis axleburad gancdas.

  Pparadoqsulia magram problemis inteleqtualuri da mxatvruli gacnobiereba daiwyo … 1789 wlis revoluciis dros Cadenili vandalizmis aqtebis dros. Aaleqsandr lenuarma maSin Sekriba Tavisi franguli Zeglebis muzeumis pirveli koleqcia romelic Semdeg 1816 wels samwuxarod daikarga.
  swored nodiem Seayvara viqtor hiugos « kamaris demoni »...
  1831 wlis martSi “parizis RvTismSoblis taZris” gamoqveynebasTan erTad viqtor hiugo damkvidrda rogorc “Sua saukuneebis axali esTetikis” mgalobeli da mexotbe. swored am dros dawera man meore pamfleti.

  1837 wels saxelmwifom Seqmna istoriul ZeglTa umaRlesi komisia:
   Erovnuli memkvidreobis cneba miRebulia maSin rodesac zeimoben romantikosTa ideebi.
  Ddaiwyo ZeglTa aRwerisa da dacvis politikis gatareba.
   amaSi dauyovnebliv da energiulad CaerTo merime.

   Mmagram  spekulantTa asociaciebi yidulobdnen did mamulebs, aqucmacebdnen maT da nawil-nawil yidnen.
 Aam didad momgebian operaciebs moyveboda mravali monastrisa da cixe-sasxlis ngreva da gayidva samSeneblo masalad.
   Ppamfletisti Jan-lui kurie gamoexmaura am operaciebs romlebmac amave dros mraval glexs misces miwaTmflobelebad gadaqcevis saSualeba:

  “ sacodaobaa imis danaxva rom Tu rogor uvardeba qva am xalxs xelSi; is qreba,ikargeba. Qqreba, ingreva yvelaferi: cixe-sasaxle,kapela,donJoni.
  Ddangreuli da ukvalod gamqrali quCebi. ispoba baRebi, gazonebi, yvavilnarebi, xeivnebi; yvelaferi es daqucmacebulia da glexebs Sorisaa danawilebuli...
  Zveli cixe sasaxle ikargeba uSno da mexsierebis armqone  duJina saxlSi” (1819 wlis 12 noembris werili,naSromebi,parizi, 1860).

// yvelaferi amis da amaze bevrad metis wakiTxva SegiZliaT  wignSi “viqtor hiugo,pamfletebi erovnuli memkvidreobis gadasarCenad, omi damangrevlebs!” romelic sul exlaxans gamoica parizSi //  Victor Hugo,Pamphlets pour la sauvegarde du patrimoine, Guerre aux Démolisseurs,Aechange Minotaure//

Yyvelaferi es didad aqtualuria Tanamedrove saqarTveloSic sadac demokratiis metad Taviseburad gamgeb pirebsac xSirad SemoefSvnitebaT xolme Zveli saqarTvelos istoriuli memkvidreoba. Dda zogjer masxradaa agdebuli qarTveli xalxis aramaterialuri kulturul-sulieri memkvidreobac. Kkidev erTxel didi madloba marTlac did viqtor hiugos SesaniSnavi magaliTisTvis da gakveTilisTvis (mTargmneli).

 

 

 

Victor Hugo et les grands combats de son siècle - Sa position politique

Sa position politique
I - Sa position politique face aux miséreux



Victor Hugo est convaincu que la liberté est impossible sans réformes sociales dont la priorité doit être l'abolition de la misère . " Incliné sur le pauvre et le travailleur, je suis leur fraternel du fond de ma pensée." C'est un écrivain très engagé dans les combats de son temps. Il lutte aussi contre le travail des enfants. En 1871, les insurgés parisiens proclament la Commune de Paris. Victor Hugo devient député. "Je suis haï. Pourquoi ? Parce que je défends les faibles, les vaincus, les petits, les enfants."


II - Sa position politique face à la liberté


La toile de fond des combats de Victor Hugo est tissée d’une profonde aspiration à la liberté sous toutes ses formes. Les appels d’Hugo en faveur de la paix, son rêve d’une Europe unifiée, découlent de son combat pour le respect des droits de l’homme. " La liberté doit pénétrer partout. " En 1876, il devient sénateur. Cette fonction lui permet de discourir sur la peine de mort, qu'il considère comme un acte de barbarie, ou sur l'injustice. Pour lui, " Ceux qui vivent sont ceux qui luttent ".


III - Un grand homme politique

Victor Hugo reste indéniablement un grand homme politique. Pendant ses 19 années d'exil à Jersey puis à Guernesey, il n'a de cesse de dénoncer le second Empire de Napoléon III qu'il baptise dans un livre Napoléon le petit (1853) et à qui il promet les Châtiments (1853). Il est élu député en 1871 et ne cache pas sa sympathie pour les partis de gauche de la IIIème République , il se bat jusqu'à la fin pour l'amnistie. Il meurt le 22 mai 1885 à Paris, où il a droit à des funérailles nationales. Il repose aujourd'hui au Panthéon, près des grands hommes.







Cathédrale d'Auch, Jubé. Médiathèque de l'architecture et du patrimoine (Archives photographiques) © CMN

Cathédrale d'Auch, Jubé. Médiathèque de l'architecture et du patrimoine (Archives photographiques) © CMN




Le goût du Moyen Âge
Le musée des Monuments français
Le 2 mai 1790, la confiscation des biens du clergé, puis plus tard, celle des biens des émigrés, entraînent la vente des bâtiments et le transfert dans des dépôts provisoires des œuvres d'art. À Paris, les objets sont conservés dans le couvent des Petits-Augustins (aujourd'hui École des Beaux-Arts). Ce dépôt devient en 1795 le musée des Monuments français, aménagé par Alexandre Lenoir. Ce lieu très couru, particulièrement par les artistes, présente dans une mise en scène romantique, sans souci d'authenticité, aussi bien les tombeaux royaux de Saint-Denis que des statues et bas-reliefs, des vitraux, de l'orfèvrerie liturgique, des pavements des mosaïques. Il a beaucoup contribué à développer le goût pour le Moyen Âge.
Musée des monuments français, cloître. Musée Carnavalet © PMVP

Musée des monuments français, cloître. Musée Carnavalet © PMVP

Musée des monuments français, salle du XIVe s. Musée Carnavalet © PMVP

Musée des monuments français, salle du XIVe s. Musée Carnavalet © PMVP

Le mouvement en faveur des monuments
De même, Le Génie du Christianisme de Chateaubriand, paru en 1802, a encouragé le mouvement en faveur des monuments religieux. "Ce livre, parut au milieu des débris de nos temples. Partout on voyait des restes d'églises et de monastères que l'on achevait de démolir". Notre-Dame de Paris de Victor Hugo est un véritable manifeste en faveur de la sauvegarde des monuments anciens : "…en attendant les monuments nouveaux, conservons les monuments anciens. Inspirons, s'il est possible, à la nation l'amour de l'architecture nationale. C'est là, l'auteur le déclare, un des buts principaux de ce livre ; c'est là un des buts principaux de sa vie" écrit-il dans sa préface de 1831 ; deux ans plus tard paraît sa Lettre sur le vandalisme en France.
Plusieurs initiatives suivent ce mouvement. L'ouvrage d'Alexandre de Laborde Monuments de la France classés chronologiquement, publié entre 1816 et 1836, affirme la primauté du gothique et s'élève contre le vandalisme ; Les Voyages pittoresques dans l'ancienne France, publiés entre 1818 et 1878 par Taylor et Nodier auxquels a collaboré Viollet-le-Duc, présentent plusieurs milliers de lithographies situant les monuments sur des fonds de paysages romantiques. En 1824, l'essai sur l'architecture religieuse d'Arcisse de Caumont fait entrer l'art médiéval dans l'histoire.
Aussi, à la veille de la Révolution de 1830, le contexte est favorable à la création d'un service prenant en charge les monuments anciens.
Dessin de Victor Hugo, Malines, 1837. Maison de Victor Hugo © PMVP

Dessin de Victor Hugo, Malines, 1837. Maison de Victor Hugo © PMVP

Saint-Guilhem-le-Désert. In Les Voyages Pittoresques de Taylor et Nodier.  Archives photographiques (Médiathèque de l'architecture et du patrimoine) © CMN

Saint-Guilhem-le-Désert. In Les Voyages Pittoresques de Taylor et Nodier. Archives photographiques (Médiathèque de l'architecture et du patrimoine) © CMN



http://www.taylor.fr/archVoyagePitto.php

LES VOYAGES PITTORESQUES ET ROMANTIQUES DANS L'ANCIENNE FRANCE

Les archives de Taylor sont principalement constituées d’un fonds de manuscrits et tapuscrits ayant trait à l’histoire de l’Association et à l’œuvre du baron Taylor, d’un fonds d’estampes des Voyages pittoresques et romantiques dans l’ancienne France de Taylor, Nodier et de Cailleux et d’un fonds de dossiers et collections d’artistes.
Ces collections proviennent essentiellement des documents conservés par l’Association depuis sa création augmentés des différents dons et legs (Baudry, Cormon, Flandrin, Gonnad, Hasegawa, Maignan, Sandoz,  …). Figurent ainsi dans cette collection des documents moins directement liés à l’histoire de Taylor (Fonds Virginie Dejazet, par exemple, issue du legs de Mme Lepabic).
Ces documents sont disponibles à la consultation au siège de l’Association pour les artistes et les chercheurs sur rendez-vous uniquement.
Les Voyages pittoresques
Lithographies extraites des Voyages pittoresques et romantiques
 dans l'ancienne France, par MM. Ch. Nodier, J. Taylor et Alph. de Cailleux
Etudes préparatoires de Adrien Dauzats,
Célestin Nanteuil, Emile Sagot.
La Fondation Taylor possède par ailleurs la collection complète de cet ouvrage.
Les Voyages pittoresques, campagne contre le vandalisme.
"Les Voyages pittoresques (...) ont pour charge de retrouver les témoins monumentaux du passé national, de les rendre aux yeux de la France. Taylor était militaire de formation et le restera. Les incessants voyages qu’il accomplit sont toujours plus ou moins liés à des opérations confidentielles intéressant l’intérêt public : qu’il aille chercher des tableaux de maîtres espagnols, obtenir un obélisque ou préparer un monument funéraire, Taylor voyage pour l’Etat. Comme une aura d’utilité publique plane sur toute l’entreprise des Voyages qui bénéficiaient dès le premier volume du patronage du marquis de Lauriston. Depuis qu’Alexandre Lenoir avait rassemblé pendant le Révolution dans le couvent des Petits-Augustins son Musée des monuments français, disparu en 1816, la notion de patrimoine avait pris corps. L’hégémonie de l’esthétique néo-classique avait dû faire retraite devant la curiosité pour les arts primitifs sinon barbares qu’étaient le gothique et le roman. Face aux démolitions de la Révolution poursuivies pendant tout l’Empire et même sous la Restauration, une organisation administrative et législative commence à se mettre en place. Ce sera une des nombreuses et méritantes actions de la Monarchie de Juillet avec la création en 1837 de la Commission supérieure des monuments historiques. Vitet puis Mérimée créent un véritable service où une poignée d’hommes de très grand talent fera merveille. Les Voyages pittoresques sont un élément de ce dispositif et non le moindre; ils ajoutent à la prise de conscience intellectuelle et morale, à la bonne volonté du Gouvernement la force décisive d’un nouveau pouvoir, celui des images, des plus belles et fortes images c’est à dire des plus pittoresques et romantiques que l’on ait jamais données.
... En 1825 quand Victor Hugo adressait sa première lettre de “guerre aux démolisseurs”, il était terrible. “Si les choses vont encore quelque temps dans ce train, il ne restera bientôt plus à la France d’autre monument national que celui des Voyages pittoresques et romantiques, où rivalisent de grâce, d’imagination et de poésie le crayon de Taylor et la plume de Ch. Nodier.” C’est en allant au sacre de Reims qu’il passe par Soissons, où “on laisse crouler le riche cloître de Saint-Jean et ses flèches si légères et si hardies. C’est dans ces magnifiques ruines que le tailleur de pierre choisit ses matériaux... Même indifférence, ajoute-t-il, pour la charmante église de Braine, dont la voûte démantelée laisse arriver la pluie sur les dix tombes royales qu’elle renferme”. Les planches de Dauzats sur le cloître de Saint-Jean des-Vignes, sur la malheureuse église de Braine, dévoûtée, que l’on allait définitivement amputer de sa nef sont autant de lamentos à ces ruines modernes et contemporaines qui n’ont même pas pour elles l’excuse des tourmentes révolutionnaires. Quand Taylor demande à Dauzats de lithographier le dessin de Vauzelle, il choisit de montrer volontairement non l’église restaurée-tronquée telle qu’on peut encore la voir mais l’état immédiatement antérieur, l’état de la honte et du regret, honte pour cette démolition, regret devant cette mauvaise restauration. Les planches des Voyages sont des rappels de drames vécus et des propositions d’action.
Les Voyages qui disent l’actualité, fut-elle douloureuse, des monuments français rendent parfois hommage à des disparus. Ainsi le beffroi de Péronne venait-il d’être détruit en 1844 et la vue publiée est donc rétrospective. De même dans le volume Picardie une absente, la tour dite de Louis d’Outremer, cet élément des fortifications de Laon dont la destruction en 1831-1832 avait soulevé l’indignation de Victor Hugo qui fait alors tomber les foudres d’une seconde “guerre aux démolisseurs”. Les deux épîtres , les deux pamphlets du comte Hugo réunis en 1834 dans le recueil intitulé Littérature et philosophie mêlées comptent parmi les chants immortels de l’épopée du patrimoine. “Il faut le dire, et le dire haut, cette démolition de la vieille France que nous avons dénoncée plusieurs fois sous la Restauration se continue avec plus d’acharnement et de barbarie que jamais (...) nous posons en fait qu’il n’y a peut-être pas en France à l’heure qu’il est une seule ville, pas un seul chef-lieu d’arrondissement, pas un seul chef-lieu de canton où il ne se médite, où il ne se commence, où il ne s’achève la destruction de quelque monument national... Chaque jour quelque vieux souvenir de la France s’en va avec la pierre sur laquelle il était écrit. Chaque jour nous brisons quelque lettre du vénérable livre de la tradition.” Le souffle de Victor Hugo s’enfle et ne faiblit pas pour dénoncer les “mille épisodes d’un grand fait général, la démolition successive de tous les monuments de l’ancienne France”. Il en restera quelques-uns, grâce entre autres aux procès-verbaux et visuels dressés par Taylor, mais il faut bien se remémorer le climat général pour comprendre exactement la puissance des images données. Dans leur apparente objectivité elles sont l’expression d’une profonde indignation, d’une conscience tragique."
(Bruno Foucart, extrait de Adrien Dauzats et les Voyages pittoresques et romantiques dans l’ancienne France du baron Taylor)













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